|
« Environ 1 500 000 Rhônalpins souhaiteraient créer un jour leur entreprise ; 350 000 d’entre eux se disent même prêts à sauter le pas d’ici deux ans ! » C’est sur ces mots de Xavier Kergall, le Directeur général du Salon des entrepreneurs, que la 9ème édition lyonnaise de l’événement phare de l’entrepreneuriat en France s’est ouverte hier et jusqu’à ce soir, au Centre de Congrès de Lyon.


Très attendu dans le contexte actuel, en particulier par des demandeurs d’emploi désireux d’aller au devant du marché et créer leur propre activité, le Salon des entrepreneurs réunit cette année 150 partenaires et exposants prêts à accueillir les quelque 15 000 visiteurs attendus sur les deux jours, les renseigner et les aiguiller vers un accompagnement durable (et indispensable : seulement 1/5 des créations non accompagnées passent le cap des 5 ans ; une réussite qui monte à 78 % lorsque le créateur est suivi, notamment par sa banque et Oséo). L’événement sera également le théâtre de 120 conférences techniques et ateliers pratiques, dont notamment 6 temps forts en lien direct avec l’actualité, pour permettre à tous les porteurs de projet de bien démarrer, et pour cela de se poser les bonnes questions.
A commencer par celle choisie pour thème de la plénière d’ouverture : « Avez-vous le bon profil pour entreprendre ? ». Une fausse question – car « il n’existe pour l’heure aucune grille de mesure pour dessiner les contours d’un bon profil d’entrepreneur », a rappelé Bruno Rousset, Président d’April et fondateur d’Evolem – mais un prétexte habile pour définir en moins d’une heure et demi les clés indispensables à la réussite d’un projet d’entrepreneuriat.
Des clés qui tiennent d’abord en la personnalité de l’entrepreneur. Car, à en croire François Hurel, Président de l’Union des Auto-entrepreneurs, tout le monde a aujourd’hui accès à l’entrepreneuriat sans prendre de risque, notamment grâce à des dispositifs tels que l’auto-entrepreneuriat ou le statut EI. La différence - le secret de la réussite - selon les experts invités au débat tient en la capacité du porteur de projet à entreprendre sur la durée. Pour Bruno Rousset, la qualité première d’un entrepreneur consiste à « savoir créer un rapport de confiance durable avec ses partenaires ». Il ajoute : « Il doit aussi être en capacité de se remettre en question en permanence ». Alain Belais, Directeur Général de l’Agence pour la Création d’Entreprise, approuve : « Un entrepreneur ne doit pas avoir peur de l’échec ! Un chef d’entreprise, c’est quelqu’un qui ne renonce pas, qui continue à aller de l’avant ! ». Pour Jérôme Radureau, repreneur à la tête de l’entreprise Adhap services, « il faut être tenace et y croire ! » Bruno Bonnell, Cofondateur d’Infogrammes et Directeur de Robopolis, va plus loin : pour lui, un bon entrepreneur est animé par « une volonté permanente de passer des caps qui paraissent inatteignables au commencement. Par ailleurs, pour tenir, il faut avoir la force morale nécessaire ! Il faut aussi faire appel à ses passions : les entrepreneurs qui se lancent seulement dans l’objectif de gagner de l’argent n’ont que peu de chance de concrétiser et voir pérenniser leurs projets ». Marie-Josée Bernard, professeur de développement personnel à l’EM Lyon Business School, insiste: « Un bon entrepreneur est capable de donner du sens à son projet ! La réussite d’une création ou d’une reprise dépend de la cohérence qui existe entre la personne, son projet, et son environnement ». Michel Dupoizat, coordinateur des actions en faveur des créateurs à la CCIR Rhône-Alpes souligne : « Les raisons qui portent la création vont déterminer sa réussite… » Et, ajoute Bruno Rousset, « son énergie de manager ! Car, c’est aussi sa capacité à recruter, à animer des équipes, à leur insuffler la culture de son entreprise qui fera de lui un bon chef d’entreprise ! »
Un réseau d'acteurs solide en Rhône-Alpes
Mais, pour Claude Blanchet, le Directeur régional de la Caisse des Dépots, « la vraie réussite dépend avant tout de la capacité du porteur de projet à accepter et à savoir se faire accompagner ! » Et à en croire Jean-Louis Gagnaire, Vice-Président de la Région, qui consacre un budget de 13 millions d’euros à la création, le simple fait d’entreprendre en Rhône-Alpes participe déjà à cette réussite :« La force de Rhône-Alpes, qui favorise l’entrepreneuriat, tient en ce formidable réseau qui lie tous les acteurs, les collectivités territoriales, les chambres consulaires, tous les partenaires et les entreprises ! En travaillant ensemble, nous avons su capter l’envie de crée de Rhônalpins, pour être en mesure d’apporter aujourd’hui aux créateurs des solutions ciblées, en termes de financement et d’accompagnement ! Rhône-Alpes est un « land » vertueux, dans un pays qui a parfois délaissé les créations ». Jean-Paul Mauduy, le Président de la Chambre de Commerce et d’Industrie de région, va plus loin : « Rhône-Alpes est à la France ce que l’Allemagne est à l’Europe ! Le territoire rhônalpin est riche d’une dynamique économique porteuse, y compris en période de crise ! Nous comptons 16 Pôles de compétitivités sur lesquels les entrepreneurs peuvent s’appuyer ! En se rapprochant de leurs sous-traitants, nos grands groupes se comportent aujourd’hui comme des plateformes sur lesquels les PME peuvent se poser et rebondir ! » David Kimelfeld, Vice Président de la Communauté urbaine de Lyon, approuve : « Cette solidarité entre entrepreneurs s’affirme aussi au travers de réseaux de parrainage, ou d’associations… » Philippe Grillot, le Président de la CCI de Lyon précise : « Les CCI se sont constituées en autant de portes d’entrée à tous les réseaux, pour aider les porteurs de projet à trouver celui ou ceux qui leur correspond ! »
La force de ce réseau rhônalpin, rendu visible par des portails tels que Créafil ou L_VE (Lyon_Ville de l’entrepreneuriat), Bruno Bonnell, l’a éprouvée avec succès. Il témoigne : « J’ai créé partout dans le monde ! Et, il faut reconnaître qu’il est beaucoup plus facile d’entreprendre en France qu’aux Etats-Unis ou en Corée ! Il est d’autant plus agréable de créer en Rhône-Alpes, où les entrepreneurs peuvent s’appuyer sur une chaîne d’accompagnement complète ! » Et Marie-Josée Bernard de souligner : « Il est d’autant plus important que cette chaîne soit souple et adaptable, qu’il y a autant de façon d’entreprendre que d’entrepreneurs ! Certains sont comparables à des herbes sauvages, préférant l’autonomie ; d’autre tiennent davantage du chêne : ils prennent le temps d’entreprendre et de gagner en force ; d’autres encore éclosent telles des orchidées, avec un tuteur !... »
Dans quels secteurs créer pour réussir en Rhône-Alpes ?
Alain Belais, directeur général de l’Agence Pour la Création d’Entreprise, identifie des tendances lourdes qui s’affirment en France et en Rhône-Alpes : le commerce de proximité, et les activités à consonances citoyennes, relevant du social et de la solidarité. « Néanmoins, tous les secteurs sont potentiellement porteurs. Aussi avant d’opter pour une activité, je conseille aux créateurs de se poser deux questions : « Suis-je fait pour ce secteur ? » et « Ce secteur a-t-il vocation à être pérenne ? » Bruno Rousset ajoute : « Soyez également attentifs aux règlementations ! Dans certains secteurs, tels le Solaire ou les Services à la personne par exemple, celles-ci évoluent régulièrement, ce qui peut avoir une incidence majeure sur le lancement et le développement de votre entreprise. »
Pratique
Salon des entrepreneurs de Lyon, les 13 et 14 juin 12
Au Centre de Congrès de Lyon
Salondesentrepreneurs.com |
|
Chefs d'entreprise, DRH, pour vous aider à recruter, le Journal de l'emploi vous propose ce mois-ci une version à contre-courant de sa rubrique "L'interview du recruteur". A vous d'interviewer (virtuellement) un candidat ! Pour vous, nous avons sélectionné Sandra Dimet, 25 ans, motivée et rigoureuse, qui souhaite s’investir pleinement dans une pharmacie en tant que préparatrice.
Quel est votre parcours ? Après un BEP sanitaire et social, j’ai préparé un BP de préparatrice en pharmacie en alternance durant trois ans. J’ai ensuite suivi une formation de spécialisation intitulée CQP dermo cosmétique pharmaceutique (problèmes de peau, techniques de maquillage et de cires épilatoire). Grâce à cet enseignement, je maitrise les techniques de vente et de marketing et peux négocier un marché avec un représentant pour les produits de parapharmacie. J’ai pu mettre en pratique mes connaissances dans cinq pharmacies sur des périodes de CDD.
Quel type de poste recherchez-vous ? Je recherche un poste de préparatrice en pharmacie à temps plein et en CDI, de préférence dans le secteur Nord-Isèrois. En plus des tâches classiques d’une préparatrice de commandes, l’idéal pour moi serait de pouvoir gérer les stocks et les animations d’une gamme de cosmétiques par exemple.
Quelles qualités vous distinguent des autres candidats ? Je suis une personne consciencieuse, rigoureuse, dynamique et souhaite m’investir totalement dans une entreprise. J’ai déjà travaillé dans de nombreuses pharmacies, je m’adapterai donc très facilement à un nouvel environnement et une nouvelle équipe. Ma formation de spécialisation peut éventuellement intéresser une pharmacie qui souhaiterait une personne pour gérer la parapharmacie.
Ce candidat vous intéresse ? Contactez-nous :
Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.
ou 04 72 442 444 |
|
Jeune, senior, homme ou femme, d’origine française ou étrangère, handicapé ou non : pour la Journée Emploi Diversité & Egalité organisée le 4 juin à la Communauté Urbaine de Lyon, venez comme vous êtes ! Des recruteurs d’entreprises engagées vous recevront en direct, pour vous proposer leurs postes ouverts à tous. Organisée par l’association Dating Emploi Zero Discrimination, en partenariat avec la Communauté urbaine du Grand Lyon, cette journée s’adresse tout particulièrement à toutes les personnes qui se sentent discriminées dans leur recherche d’emploi.
Pour cette troisième édition, l’association A Compétence égale animera un espace conseils individualisés, dans lequel des consultants spécialisés en Ressources Humaines et en recrutement (1) recevront les candidats et leur apporteront à chacun un éclairage personnalisé sur leur stratégie de recherche d’emploi (réaliser un CV efficace, réussir son entretien, optimiser les réseaux sociaux professionnels…).
Deux autres espaces permettront aux candidats de prendre contact avec d’autres acteurs de la diversité pour un accompagnement sur la durée (OPE, Force femmes, Mozaïk RH…), et de passer des entretiens d’embauche individuels pour postuler à des postes proposés par une quinzaine d’entreprises présentes : JLO Conseils, Véolia Eau, Police nationale Recrutement, Grand Lyon, Délégation Rhône-Alpes du Club des Exportateurs de France…
(1) Arcadia, AMO Consultants, CCLD Recrutement, Badenoch & Clark, Futurestep, Hudson, Médiane Conseil, Michael Page, Lincoln, Page Personnel, Robert Half, Robert Walters, Search & Selection, Lazare Laskier Conseil |
|
« Vous faites passer la tête du bébé dans le gilet de sauvetage, vous passez ensuite le harnais entre ses jambes et vous ajustez sans serrer ». Pour Sébastien Girard, instructeur à l’Ecole Supérieure Internationale des Métiers de l’Aérien (Esima), ex steward à British Airways, ces gestes effectués sur un mannequin n’ont rien de nouveau. Mais pour les futures hôtesses de l’air et les futurs stewards présents dans la salle, ils constituent une facette inconnue de leur métier. A l’Esima, ils suivront une formation pour obtenir le Certificat de Formation à la Sécurité (CFS), le seul valable pour exercer ce métier dans une compagnie française, et très apprécié des compagnies étrangères.
Pour cela, cinq semaines de théorie et deux semaines de pratique sont nécessaires. Lors de la partie pratique, la première semaine est consacrée au secourisme et la seconde au sauvetage, avec un examen sur un des sites de la Direction Générale de l’Aviation Civile (DGAC). Il est par exemple demandé aux élèves de remorquer une personne sur 25 mètres dans l’eau, ce qui nécessite une bonne condition physique. « Pour cela, ils s’entrainent trois fois par semaine dans une piscine municipale », indique Hervé Buirette, responsable qualité à l’Esima. « Comme ils doivent être capables de réagir en cas d’incendie à bord, deux pompiers du Service de Sauvetage et de Lutte contre les Incendies d’Aéronefs (SSLIA) forment les étudiants sur des exercices pratiques contre le feu et la fumée dans une cellule avion et sur le tarmac de l’aéroport. »
Pour être efficaces, ils sont aussi entrainés à la survie en milieu aquatique ainsi qu’à la survie en zones d’opérations. Les élèves doivent encore être capables de gérer les situations de crise, notamment en prenant en charge les voyageurs en cas de problème. « On est un peu les points de repères pour les passagers », ajoute Benoit Durondeau, un stagiaire steward. « S’il se passe quelque chose dans l’avion, ils doivent pouvoir nous faire confiance.» Pour ce jeune homme de 21 ans qui aime voyager et rencontrer des gens, le métier de steward s’est imposé naturellement. Surpris par l’aspect « sécurité » de la formation, il apprécie de savoir pratiquer tous les gestes de secourisme à bord de l’avion. Il sait aussi que pour être performant, il devra s’adapter aux horaires variables ainsi qu’aux décalages horaires fréquents. Un aspect du métier qui ne fait pas peur à Lucile Ballaguy, 21 ans. « Ce que je préfère, c’est être toujours confrontée au changement. J’aime ne jamais faire la même chose, devoir m’adapter aux horaires ainsi qu’aux évènements de la journée. » Bénédicte Arvis, une stagiaire de 23 ans ajoute : « C’est quand même plus agréable que de travailler toute la journée derrière un bureau ! » Cette ancienne jeune fille au pair a, à l’instar de ses collègues, été surprise d’apprendre qu’en vol, la principale responsabilité d’une hôtesse de l’air ou d’un steward était la sécurité à bord, prioritaire devant le service et la partie commerciale. Une compétence indispensable que ces stagiaires ne tarderont pas à mettre en avant auprès des recruteurs : « Suite à l’obtention du CFS, ils seront prêts à postuler auprès des compagnies aériennes », précise Hervé Buirette. Benoît Durondeau n’attendra d’ailleurs pas le 19 avril : celui-ci s’est déjà inscrit pour les tests de sélection de la compagnie Emirates Airlines...
Thibault RAVET
 
|
|