L’Esima forme aux métiers de l’aérien qui recrutent

« Vous faites passer la tête du bébé dans le gilet de sauvetage, vous passez ensuite le harnais entre ses jambes et vous ajustez sans serrer ». Pour Sébastien Girard, instructeur à l’Ecole Supérieure Internationale des Métiers de l’Aérien (Esima), ex steward à British Airways, ces gestes effectués sur un mannequin n’ont rien de nouveau. Mais pour les futures hôtesses de l’air et les futurs stewards présents dans la salle, ils constituent une facette inconnue de leur métier. A l’Esima, ils suivront une formation pour obtenir le Certificat de Formation à la Sécurité (CFS), le seul valable pour exercer ce métier dans une compagnie française, et très apprécié des compagnies étrangères.

 

Pour cela, cinq semaines de théorie et deux semaines de pratique sont nécessaires. Lors de la partie pratique, la première semaine est consacrée au secourisme et la seconde au sauvetage, avec un examen sur un des sites de la Direction Générale de l’Aviation Civile (DGAC). Il est par exemple demandé aux élèves de remorquer une personne sur 25 mètres dans l’eau, ce qui nécessite une bonne condition physique. « Pour cela, ils s’entrainent trois fois par semaine dans une piscine municipale », indique Hervé Buirette, responsable qualité à l’Esima. « Comme ils doivent être capables de réagir en cas d’incendie à bord, deux pompiers du Service de Sauvetage et de Lutte contre les Incendies d’Aéronefs (SSLIA) forment les étudiants sur des exercices pratiques contre le feu et la fumée dans une cellule avion et sur le tarmac de l’aéroport. »

 

Pour être efficaces, ils sont aussi entrainés à la survie en milieu aquatique ainsi qu’à la survie en zones d’opérations. Les élèves doivent encore être capables de gérer les situations de crise, notamment en prenant en charge les voyageurs en cas de problème. « On est un peu les points de repères pour les passagers », ajoute Benoit Durondeau, un stagiaire steward. « S’il se passe quelque chose dans l’avion, ils doivent pouvoir nous faire confiance.» Pour ce jeune homme de 21 ans qui aime voyager et rencontrer des gens, le métier de steward s’est imposé naturellement. Surpris par l’aspect « sécurité » de la formation, il apprécie de savoir pratiquer tous les gestes de secourisme à bord de l’avion. Il sait aussi que pour être performant, il devra s’adapter aux horaires variables ainsi qu’aux décalages horaires fréquents. Un aspect du métier qui ne fait pas peur à Lucile Ballaguy, 21 ans. « Ce que je préfère, c’est être toujours confrontée au changement. J’aime ne jamais faire la même chose, devoir m’adapter aux horaires ainsi qu’aux évènements de la journée. » Bénédicte Arvis, une stagiaire de 23 ans ajoute : « C’est quand même plus agréable que de travailler toute la journée derrière un bureau ! » Cette ancienne jeune fille au pair a, à l’instar de ses collègues, été surprise d’apprendre qu’en vol, la principale responsabilité d’une hôtesse de l’air ou d’un steward était la sécurité à bord, prioritaire devant le service et la partie commerciale. Une compétence indispensable que ces stagiaires ne tarderont pas à mettre en avant auprès des recruteurs : « Suite à l’obtention du CFS, ils seront prêts à postuler auprès des compagnies aériennes », précise Hervé Buirette. Benoît Durondeau n’attendra d’ailleurs pas le 19 avril : celui-ci s’est déjà inscrit pour les tests de sélection de la compagnie Emirates Airlines...

 

Thibault RAVET

 

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Ils recrutent !