125 000 visiteurs au Mondial des métiers

Reportage - « J’ai l’impression qu’aucun métier n’est fait pour moi ! » Maud a 16 ans. Un peu artiste (elle peint), mais attentive aux enjeux mondiaux (elle est en 1ère ES, en classe européenne), elle s’intéresse à tout, et… « c’est bien ça le problème », confie-t-elle : « Je suis venue au Mondial des métiers pour faire un choix, rencontrer des professionnels pour y voir un peu plus clair, mais je ne suis pas plus avancée : ils sont tous passionnés et passionnants ! J’aimerais faire mon métier de la peinture, mais pourrais-je vraiment en vivre ? Et sinon, pourquoi ne pas devenir diplomate ?… » Pour trancher, resteraient bien sûr pour elle « l’étude des débouchés, ou bien la possibilité que me donnerait mon futur métier de voyager ! C’est pour moi un critère de choix très important... » Et la voie du cœur emporte à nouveau Maud.

         

Le Mondial des métiers avait ainsi pendant ces 4 jours ce parfum de liberté, celle de pouvoir choisir son futur pour les quelque 125 000 visiteurs qui s’y sont pressés, du 4 au 7 février. Qu’ils soient collégiens, lycéens, étudiants ou demandeurs d’emploi, tous avaient un point commun : la nécessité pour eux de prendre la bonne décision. Mais comment s’y prendre ? Peut-on vraiment décider de sa vie à 16 ans ou à 20 ans ? Devant tant de possibilités de secteurs à découvrir (le Mondial comptait cette année plus de 500 exposants), et de métiers où s’épanouir, le choix n’en était que plus difficile, surtout quand on est jeune et sans trop d’expérience à confronter pour réellement décider de sa vie… Paradoxalement, la pression du choix de vie est grande et ce dès la troisième, ce qui n’aide pas à la décision, comme en témoigne Jennifer, 15 ans : « Je veux devenir entraîneur en natation. Je pratique ce sport depuis 7 ans, et je veux réellement en faire mon métier. Mais, je ne sais pas si c’est le bon moment pour moi de décider. Les professionnels me disent aujourd’hui que je suis trop jeune. Mais, à l’école on nous pousse à faire un choix. C’est difficile de ne pas être stressé dans ces conditions : on se demande si l’on prend la bonne voie, ou si l’on doit attendre encore… »

 

Jonathan, actuellement en deuxième année de BTS Communication et Industrie graphique, a choisi lui de... ne pas arrêter ses choix, mais de les multiplier ! A 20 ans, il vit déjà sa vie comme une suite d’expériences en phase avec ce qu’il a envie de faire ou de tester. Il a déjà exercé de nombreux métiers, pour la plupart en lien plus ou moins étroits avec la voie de la communication. Il a notamment été commercial et posé pour des photos en tant que model. De quoi lui ouvrir un bon réseau, et les portes d’employeurs attachés à recruter des esprits curieux de la branche. Aujourd’hui il s’oriente vers le marketing. Venu au Mondial pour représenter son école, il a profité de l’événement et de la présence d’entreprises pour préparer sa prochaine année : « J’aimerai m’orienter vers une licence en alternance. Alors je cherche une entreprise d’accueil »

 



Car après le côté passion du métier, ce sont bien les débouchés qui préoccupent les jeunes. Au-delà de la question « Qui recrute en alternance ? », il y a bien une autre problématique sous jacente : celle de trouver un emploi et de le garder à la sortie des études. Ainsi, Maud, 19 ans, actuellement en terminale L, n’a pas choisi son métier au hasard : « Je veux devenir orthophoniste. Je pense que cela me plairait, parce que c’est un métier de contact et de relations de confiance. Je sais aussi que ce métier a actuellement 10 000 postes non pourvus. »

 

Pierre Grégoire est formateur en jeux traditionnels au Cerus Casino Academy (secteur pour la première fois exposé au Mondial). Pendant le salon, il a été assez surpris de voir combien les jeunes pouvaient avoir une vision réfléchie de leur orientation : « Après nous avoir interrogé sur nos métiers, la seconde question des jeunes portait sur l’emploi. Ils veulent savoir si le secteur embauche et à quels postes. Ce à quoi nous leur répondons que sur les 250 étudiants que nous formons sur nos centres de Lyon, Paris et Bordeaux, tous sont sûrs de trouver du travail, que ce soit en France ou dans le monde »

 

Pragmatique, Réjane, 25 ans, l’est assurément. Après un parcours en art graphique, elle n’a plus hésité face au marché de l’emploi. Elle s’est orientée vers la peinture, dans le bâtiment. « Je ne pouvais pas supporter encore une formation qui m’aurait fait rester sur les bancs d’une fac. Il fallait que je crée. Aujourd’hui, je suis en apprentissage, en BP peintre revêtement. Le marché s’ouvre, les gens sont de plus en plus attentifs à la beauté de leur intérieur, et ils cherchent des spécialistes pour ça. Quand j’aurai obtenu mon diplôme, je monterai mon entreprise ! »

Preuve que trouver sa voie est possible à 16 ans comme à 25 et même au-delà. Ne dit-on pas qu’aujourd’hui, on change 7 fois de métier dans une vie ? Mieux vaux donc se préparer à envisager son parcours avec souplesse, à se former tout au long de sa vie… et qui sait à changer de métier !

 

F.G.



Retrouvez l’essentiel du Mondial des métiers, les entreprises présentes, la liste des centres de formation et le calendrier des forums métiers à venir dans les départements de Rhône-Alpes sur
www.mondial-metiers.com.

                      

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